I like to move it

Métis, Canada, 2015

Installation paysagère, lauréat du concours international de la fondation des jardins de Métis.

 

 

De l’herbe, quelques arbres se fondant dans le paysage et au loin une densité végétale. La nature est là avec ses fondamentaux. Quant à l’intervention de l’homme, elle semble inexistante.

 

Des lignes régulières au sol rythmant la perspective attirent l’œil du visiteur. Et ce d’autant plus qu’un arbre semble y être à chaque fois planté. La main de l’homme est bien là. Mais quel peut bien être le motif de son intervention ?

On se rapproche, on tourne autour, on scrute, on s’interroge, on nit par toucher.

Et d’un coup l’arbre se met à bouger. Le visiteur peut le faire glisser et ainsi créer ses propres combinaisons, son propre jardin. Le banal devient insolite.

 

Le mécanisme est simple. Sous le sol, de grands pots remplis de terre et de nutriments permettent aux arbres de bien vivre. Montés sur des chassis métalliques dotés de roues de wagon, ils glissent facilement sur des rails.

Ils sont ensuite recouverts d’une plateforme en ossature-bois similaire à celle d’un plancher de maison, laquelle soutient une épaisseur de terre et de paillis. Une ouverture linéaire d’une dizaine de centimètres est aménagée pour permettre le passage de l’arbre. L’un des rails s’étend d’ailleurs jusqu’au centre de l’allée du Festival, faisant littéralement sortir l’arbre de sa forêt, et nous invitant à entrer dans le jardin pour en savoir davantage.

 

La nature ainsi domestiquée transforme le paysage en jardin, et c'est alors que le ludique et le récréatif basculent vers l’absude.

L’arbre, immobile et muet, quintes-sence même de l’enracinement, se meut tel un être vivant. Il est à la merci de l’homme, qui par sa simple volonté contrôle le seul élément paysager qui lui résistait.

 

L’art du jardin est poussé à son paroxysme, car étonnamment arti-ficiel dans sa banalité.

 

 

© Dixneufcentquatrevingtsix